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Le jour se lève, ça vous apprendra.
Rien n'est vrai.
--> Légitime morsure.
Douce P.
Je t'écris de ma chambre. En brouillon, parce que je n'ai pas internet. Je viens de regarder Frankie. Une top model qui se fait suivre en clinique.
Et ça me fait penser à toi, petit coeur qui s'aggrandit de jour en jour.
Ma mère est à côté, elle regarde la tv.
Il est 22;26, je me suis levée à treize heures, depuis toujours en pyjama, pas douchée.
On est dimanche. J'aimerai t'envoyer cette lettre, parce que j'aimerai l'imprimer. Pour si un jour internet se casse. Mais je n'ai pas d imprimante.

C'est un jour noir avec des gouttes de pluie argentées. Elles tapent sur le toit et sur la vitre de la fenêtre. Le toit est penché, d'où le mur penché. Chambre de bonne. Qui fait le coin de l'immeuble. Tout est penché. Et c'est un joli son à écouter, les gouttes de pluie qui s'écrasent contre le toit plat, et le toit penché. Même si ça réveille la nuit qui dort. ou c'est moi qui me suit endormie.
Sur le claver qwerty, le point tu l'as sans appuyer sur la touche maj, c'est mieux.
Y a du brouillard, je suis au bord.
J'ai vu aussi little chicken. Ainsi que avoir et etre, le documentaire sur une classe mixte, où y a des maternelles et des primaires, jusqu'au cm2.

C'est dimanche, j'ai le droit de pas sortir de mon lit.
On m'a appelé pourtant, je suis un bouche-trou comme on appelle ça, pour la fille qui m'appelle, pour un théâtre, et j'ai dis non. Parce que je voulais me reposer. Puis surtout parce que je sais comment elle me considère. Elle m'appelle qu'en dernier recours. C'est comme ça.

Y a plein de défauts dans le monde. Mais plein de qualités, pour faire l'Objective.
Je suis un peu défoncée par les medocs. Ne t'en fais pas tout va bien. Je gère.
Pourtant j'aimerai qu'on prenne soin de moi. La je sais pas si j'accepterai. Y a une amie d'enfance qui est partie en Allemagne qui fait infirmière, elle est passée hier. Elle en a vu de toutes les couleurs, à son travail. Et parmi les 70 personnes que je connais c'est la seule à écouter. Juste à écouter. Juste ça. Juste ça. Ecouter. Sans couper la parole. La Parole de l'autre qui parle.
Je m'en veux de parler, c'est une marque de faiblesse. Parce qu' y a un tellement grand décalage entre ceux-là qui n'ont jamais vécu ça et ceux qui n'ont pas le temps.
Et elle elle a pris le temps. N'a rien dit.
Les autres ils sourient, elle aussi, mais les autres ils s'interessent pas plus à toi qu'aux autres, et ils n'ont pas le temps de te parler, encore moins de t'écouter. Dire des merveilles horribles.

Je sais pas.
Ce que je veux.
Mes rêves se transforment en fantasmes. Je ne crois plus en rien, je n'ai rien à croire.
Chaque redépart mène à la même chose. c'est triste.
Avant on était trois, c'étaient mes boulets mes parents, mais ils se supportaient quand même, ils s'entretuaient entre eux. Maintenant y a rien, que ma mère et moi. Et on s'entretue pas. On reste comme avant. Elle reste comme avant. Parce que le temps pour elle n'est pas le même temps pour moi. Pour elle ça dure, ça dure, ça dure longtemps. Pour moi aussi, mais en même temps je grandis et je dois avoir ma propre vie.
Je perds espoir
Je perds pied
Je sais pas ou mettre ma tete
A elle ou à moi
Prendre ses décisions
Je suis capable d'être raisonnable pour elle
Pour moi pas trop, je suis trop subjective.

Je sais pas



C'est peut-etre les hormones, après tout
ou un ras le bol général
Je veux pas replonger dans tout ça, la dépression grave, les tcas, etc. mais la fatigue s'accentue de jour en jour.
J'ai pas de psy maintenant.
Je voudrais pouvoir aller à l'hôpital me reposer un peu.
Ou parler avec quelqu'un. Sauf que je m'en veux de prendre leur temps, je m'en veux brutalement, viollement. Je veux pas parler, je répète tout le temps la même chose, rien n'y changera, il faut juste attendre.

Les larmes coulent

Ma mere a recommencé le travail, je te l'ai écris. Ca faisait deux semaines et deux jours. Le troisime jour elle a eu un accident de travail qui l'a mis capout. Depuis vendredi soir elle bosse plus.
Je suis fatiguée de refaire pareil. Que tout revienne. Tout le temps. La même rengaine. Le même refrain.
Elle devait se faire opérer des cervicales lundi, mais. Reporté à une date ultérieure. En échange elle travaille pas. Et pendant son arrêt de travail en éboueuse elle a aussi pris un arrêt de travail à la loge, je suis pas obligée de la remplacer en théorie, mais en pratique c'est presque du chantage. Elle doit subir une opération des calculs rénaux. Puis régler son problème d'accident de travail, aux lombaires. Qui l'empêche de marcher bien. Les cervicales ce sera apres coup, quand elle trouvera un bon hôpital qui respectera le patient.

J'ai une bouillote sous les pieds, je t'écris de mon lit.

Quand ma mère est là elle se met en tête qu'elle dépend de moi. Et je sais pas lui dire non. Et si je lui dit non elle me fait culpabiliser.

Attendre, c'est long, d'attendre. Attendre, tout le temps.
Attendre, agoniser, pour s'occuper, perdre du temps. Tomber dans le coma.

J'écoute symphonio poem nausicaa, et en vo jap elle se prononce naoushka.

Il y a une bougie qui brûle sur la cheminée. J'ai mis de l'essence d'opium, d'eucalyptus et de lavande, pour me déboucher le nez.

Bien sur il ya des bonnes choses arrivent, je dois pas me plaindre : j'ai des boulots, Alice et ménage, puis bientôt le remplacement à la loge. J'ai du temps (mais pas pour moi, alors le temps que j'emprunte je dors un max pour me réveiller et croire que tout va bien, mais juste avant le réveil les larmes arrivent avec la réalité.)
Ces deux dernières semaines j'ai eu le temps de rien, parce que ma mère bossait, alors je me trouvais plein d'occupations, j'ai arrangé le chat : aller au vétérinaire pour un rappel et au toilettage pour enlever ses noeuds. Bien sur ça a pris du temps et de l'energie, parce que j'économise le métro alors je marche à pied où je peux. Pis le même jour j'avais rendez vous au dentiste qui m'a trouvé stressée, il me dit c'est neurologique. Je serre mes dents le jour la nuit, ça muscle les les muscles sur le coté du visage, en dessous de l'oreille et ça me fait très mal, ça fait trois ans que ça me fait mal, et c'est que maintenant qu'on m'a envoyé chez un bon médecin qui s'y connait.
Bref tout ça pour dire qu'entre les trucs à faire à la maison et en dehors, pis le travail, pas beaucoup de temps. Mais ça m'a fait du bien de plus voir ma mère tous les jours. Elle commençait l'éboueuse à midi et finissait vers 20h. Et je sortais beaucoup pour ne plus la voir.

Je voudrais mourir dans ces cas la. Apprendre à ma mère qu'elle peut vivre toute seule.
Je voudrais qu'elle sache que je ne suis pas son mari ni sa mère ni sa soeur.

Je marche, je voudrais marcher, marcher longtemps, sous la neige, et m'emerveiller, et marcher loin, me trouver en paix avec un petite partie de moi. Qui me permettrai d'avancer. Mais je me trouve à courir au lieu de marcher, ou à marcher très vite si on préfère, pour me fuir moi, pour fuir mes pensées, fuir toutes ces obligations, je suis pas prête pour tout ça.

Mais, cette aide. Cette écoute, je la refuse, parce que la mérite pas. Cette amie d'enfance infirmière, je sais qu'elle a raison. Je sais pas si elle comprend, je sais juste qu'elle écoute. Je voudrais qu'elle imagine dans quel état je suis. C'est pathétique de vivre comme ça.

VOila, le dimanche que j'ai passé : dormir longtemps, puis films, films, films. Je voulais m'exercer à la guitare, aussi. Mais pas eu le courage d'affronter toutes ces fausses notes.

Je n'ai plus la force de parler. Et de moins en moins la force d'écrire. Je sais pas ce qu'il va m'arriver.

Demain sera aujourdhui. Pendant tout le temps. Jusqu'à assassiner tout le monde.

Attendre, attendre que ça passe, en espérant que ça va passer.
Je suppose que ma mère aussi attend que ça passe. Mais elle ne fait pas d'effort. Même quand elle peut. Elle ne veut pas, ou bien son inconscient lui dit qu'elle est encore trop fatiguée, pour peut-être rester près de moi.
Donc, le problème c'est moi.

Il a plu toute la journée et toute la nuit, ça m'a réveillé.
J'ai du xanax de plus en fort. J'en abuse de plus en plus. Un jour je ne pourrais même plus aller bosser. Je suis une incapable

Je vais regarder american pie, j'ai jamais vu, ça a l'air amusant, on verra bien le degré de l'humour.

En attendant j'ai remis de l'essence de rose, d'eucalyptus, de romarin, de propolis (normalement ça se dilue et ça se boit.. et deux) ça fait une couleur bizarre, marron au centre et blanc autour.
Je me suis préparé du thé menthe au miel, je vais avaler le presque tout des xanax et demain j'irai en chercher d'autres, des plus forts comme c'est écrit sur l'ordonnance.

Les gens ils voient pas ce problème. Les gens heureux. Qui demandent "ça va ?" oui bien sur "alors que deviens-tu ? ben euh, étant donné qu'on s'est pas vus depuis trois ans on va juste parler des examens et du boulot, ouais. Non le reste c'est des problèmes. D'ailleurs même les exams c'est des problèmes. Tout est un promblème. Et à partir de là ils ne savent pas quoi dire ils sont génés et ils partent.
Mais elle, elle a écouté. même qu'elle s'est assise pour.
Les gens, la majorité, ne semblent pas comprendre. Mais dans quize vingt ans ils verront bien quand y aura plus de places dans les maisons de retraite, ils comprendront ce que ça veut dire être dépedendant de quelqu'un. Etre à ces cotés et se sacrifier pour. Juste pour ne pas avoir ce sentiment de culpabilité destructif.

Tu sais j'ai un beau bracelet, il m'est très cher. Je le mets tous les jours. Il m'aime/de. c'est comme la peluche. Le lapin. Comment l'as-tu appelé ?

Je me crois samedi encore. Parce que dimanche est passé au lit. J'ai faillé écrire "bon dimanche". A la place de "bon lundi".

Je vais finir la note, devant le film, puis m'endormir devant, en changeant quelques options, par exemple pas de répétition.


rrrrrzzzzzzzzzzzzzzzzz

Toutes mes amitiés.
Toutes mes condoléances.
Tout mon amour. Trop lourd.
Toutes mes pensées vont vers toi, puce




Lundi
Le reveil me gene et me réveille
Les anxios marchent toujours, je me souviens pas avoir pris ma douche pourtant les faits sont là, le peignoir est dans ma chambre et ma peau sent bon, le propre. Entretemps je sais pas ce qu'il s'est passé, je suis arrivée en face, pour faire acte de présence jusqu'à midi parce que la mère a un rdv quelque part à l'hôpital c'est tellement normal. Arrivée à midi moins vingt moins le quart je décide me lever de ce canapé où je m'étais allongée, et fuir cet endroit pour trouver un sommeil plus profond
je monte, me deshabille et j'ecris/ je dormirais jusque 3h l'heure où je me prépare pour rejoindre la petite

Je marche pas droit. Jamais droit. Je penche sur les côtés même qUAND J4ECRIS





Mardi
Je me suis levée pour remplacer ma mère, je devais y être à 10h, j'y suis arrivée à 11, je me suis allongée dans le canapé, ai dorlotté le chat, puis midi, je suis alors montée me coucher. Jusqu'à 15h. Où j'ai repris ma douche. Je crois. Je sais plus ce qu'il s'était passé. Ni quel jour on est.
Je suis allée chercher la petite, en retard, j'aime pas être en retard, pis la c'était même pas un vrai retard, ct un retard de deux minutes, mais j'aime pas, c'est illégal d'être en retard. Le parc était fermé, on est rentrées, ils se sont chiffonnés, j'ai puni la petite elle est désobéissante et trop orgueilleuse. Mais je lis des livres de psys et de gens qui ont travaillé avec des autistes alors ça m'aide. J'ai rien fait
Je suis rentrée, toujours dans le brouillard, blabla avec ma mère, je sais plus qui elle est, son copain était là, je sais pas quoi lui dire, on m'a trouvé pâle et violette en même temps, quelles façons bizarres de parler.
Chercher les anxios. Y en a plus. Chercher dans mon sac. Y en a plus. Y a même plus l'ordonnance. C'est horrible. J'ai perdu l'ordonnance. J'ai perdu l'ordonnace. J'ai perdu l'ordonnance. Il m'en reste que 5 petits comprimés de 0;25, c'est rien ça c'est rien du tout
J'ai paumé l'ordonnance, j'ai cherché partout, je sais pas ou je l'ai mise. J'avais même pas ma carte vitale sur moi, pourtant j'ai pas dormi dans mon lit cette nuit, enfin si, mais je comprends pas pourquoi/comment elle est arrivée au fond du lit

Je sais pas ou j'ai mis mon ordonnance

Je vais mettre "sphere", pis dormir manger comme des bonbons ces petits cachets
Demain matin faut que je me lève, pour la loge, puis Marlène arrive faut que j'aille la chercher, pis je sais pas, j'ai envie de pleurer, c'est ça les hormones, c'est phénoménal comment ça pourrit la vie émotionnelle, comment ça éblouit, aveugle le bon sens, je veux pas être une fille, je veux pas être un mec, je veux être sans hormone, sans rien, je veux être rien
Soufflé par Delirium, le Mercredi 14 Février 2007, 22:28 dans la rubrique "Actualités".
Continuer le souffle



Vitesse du vent :

  math07
math07
15-02-07
à 17:16

Tu n'es pas seule

Tu sais, si tu écris, moi ou d'autres peuvent te lire. C'est peut-être une part de voyeurisme plus que d'écoute. Mais c'est aussi de l'écoute.

Ecris et je te lirai, tu ne seras jamais seule, tes mots seront partagés. Les jours noirs, n'hésite pas à écrire, pour toi ou pour d'autres. Nous ne sommes pas tous complètement fermés par le jeu des relations sociales. On est capables de s'arrêter, pour écouter ce que l'autre a à dire.

Et dans ton regard, ici transmis par écrit, on peut voir un Autre. Un être humain, comme nous, en regardant bien.

Ne te fie pas au pouvoir des petits comprimés. Ils ne sont qu'une jambe de bois. La parole et l'oreille de l'autre peuvent être les réels médicaments ;)

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  alberto
alberto
20-02-07
à 14:02

Deux choses :
-ta plume est très très bonne ! (ton coeur aussi !)
-ta cause ne peut qu’être entendue. On ne peut croire qu’à un bon dénouement de ta vie !
(Personnellement je crois en toi)
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  Jokeromega
Jokeromega
10-03-07
à 23:12

Là-bas ils ont le terrorisme. Ici on a les TCA. À chacun son virus. Ça se répand... ça se répand... Nous on préfère quand ça vient de l’intérieur.
Prière de ne pas abuser.

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  Deliriumtresmince
Deliriumtresmince
14-03-07
à 16:18

Re:

Merci de ton attention, c'est joli ce que tu écris.. Merci beaucoup.
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